Comment écrire un roman historique ?

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, après avoir lu La Croisade des Carpates, j’ai eu envie de vous parler du style de ce livre : le roman historique. Comment écrire un roman historique ? C’est une problématique qui me concerne de près, puisque j’ai dû, avec Les Dragons de Venise, mon prochain ouvrage, écrire moi aussi un roman à fond historique. Un exercice qui ne m’a pas déplu, moi qui ai toujours aimé l’histoire.
Je commencerais par dire que le plus important, en histoire, c’est de beaucoup se documenter en lisant. C’est une étape indispensable avant d’écrire. Il ne faut pas lire un livre sur l’époque et le sujet qu’on veut mettre en scène, mais des livres. Il est important de multiplier et de croiser les sources. En effet l’histoire est un puits sans fond: les approches d’un même sujet évoluent régulièrement, les historiens faisant en permanence de nouvelles découvertes. Je recommande donc de lire des livres récents. Il ne faut pas écrire quelque chose si on en n’est pas sûr : en histoire, les approximations ne sont pas de mise !
Mais la lecture seule ne suffit pas: quand on veut parler d’une certaine région, d’un certain pays et de son passé, il faut également se rendre sur place et procéder à des visites, entre autres de monuments historiques. C’est ainsi que je me suis imprégné de l’histoire et de l’ambiance de Venise. Je me suis rendu su place et y ai passé plusieurs jours, après avoir écrit le premier chapitre de mon livre. J’aurais trouvé hypocrite et malvenu de continuer à écrire ce nouveau livre sans m’être rendu sur les lieux. Je recommande également de regarder des documentaires.
Une fois bien documenté, une fois suffisamment imprégné de la culture voulue, on peut passer à l’écriture. Quand on rédige un roman historique, le défi est de refaire vivre le contexte historique et culturel que l’on décrit, en étant le plus réaliste possible. Il faut donc se mettre dans la peau des personnages qui vivaient à l’époque: cela veut dire éviter les anachronismes et ne pas faire allusion au futur. Il faut vérifier que tout ce qu’on décrit existait déjà à cette date. En histoire, il est primordial de respecter le contexte. Si on veut être crédible dans ce genre de roman, il faut donc respecter un minimum le fond historique. A Venise, il y avait des doges, je ne vais donc pas inventer un quelconque empereur. La ville est connue pour la place Saint-Marc et les monuments qui l’entourent, je n’allais pas imaginer une autre place et d’autres monuments. Je décris Venise telle qu’elle existait.
Le roman historique est aussi, quelque part, un roman pédagogique. L’histoire est là pour enseigner des choses ! Les notes de bas de page, les illustrations, les cartes ou tout autre document sont donc bienvenues pour éclairer le lecteur, ainsi que le fait la maison d’édition le Héron d’argent.
Mais alors, dans tout ça, quelle place accorder à la fiction ? C’est sur ce fond historique solide qu’elle va se greffer. Il faut donc déterminer à l’avance jusqu’où le fond historique est décrit, et à quel moment intervient la fiction. Et l’assumer complètement. Pour cela, je pense qu’il est pertinent de prévenir le lecteur via une note en début de livre : le livre est historique, mais comporte bel et bien une part de fiction. Il faut toutefois veiller à ce que la fiction soit un minimum vraisemblable et cohérente avec le contexte historique. Je n’allais pas mettre en scène des robots dans la Venise médiévale que je décris…
Voilà pour la chronique de la semaine ! N’hésitez pas à me faire part de votre avis sur le sujet !

Chronique littéraire: « La croisade des Carpates » de Vanessa et Diana Callico

Chronique littéraire ! Aujourd’hui, on va évoquer La croisade des Carpates de Diana et Vanessa Callico. Mère et fille, elles sont respectivement directrice artistique et gérante de la maison d’édition Le Héron d’argent. La Croisade des Carpates est le premier tome de la saga Les sept portes de l’apocalypse.
Que raconte ce livre ? Cet ouvrage met en scène Eva, une étudiante qui prépare une thèse sur le thème de l’apocalypse. Et la réalité va dépasser ses études, puisqu’un cataclysme va frapper le monde. Elle va alors être plongée dans le passé, à la fin du Moyen-Age. Elle se retrouve en 1462, dans la peau de la fiancée de Vlad Drakul, le prince de Valachie (région de la Roumanie) également connu sous le nom de Vlad l’Empaleur, cruel et sanguinaire souverain qui a inspiré à Bram Stoker le personnage de Dracula (nous y reviendrons).
Dès le départ, j’ai été séduit par le titre de ce livre. En voyant La Croisade des Carpates, j’ai tout de suite imaginé un récit très ambitieux et très sérieux, à l’ambiance grandiose. L’illustration de couverture a confirmé mon impression: très soignée, elle met en scène le couple de protagonistes de l’histoire, Eva et Vlad Drakul. En arrière plan, les couleurs brunâtres, le bâtiment médiéval et l’aigle correspondent à des éléments clé du récit qui nous plongent immédiatement dans l’ambiance de La croisade des Carpates avant même de l’avoir lue !
Autre bon point de La croisade des Carpates : le livre a le bon goût de combiner deux de mes passions: l’histoire et le fantastique. En effet, c’est avec plaisir que j’ai redécouvert la période suivant immédiatement la prise de Constantinople par les Turcs et la fin de l’empire byzantin. En 1462, les Turcs de l’empire ottoman sont entrés en Europe. Le livre relate l’invasion de la Valachie, cette région de la Roumanie située près de la chaîne montagneuse des Carpates et gouvernée par Vlad Drakul, par le sultan Mehmed II le Conquérant.
Le livre est très documenté : chaque chapitre est riche d’informations historiques et culturelles. En mettant en scène la conquête de l’Europe par les Turcs, La croisade des Carpates met en avant la rencontre, je dirais même le choc, entre les civilisations musulmane et chrétienne. On en apprend donc beaucoup sur les traditions et la hiérarchie des deux religions, et sur les pouvoirs politiques en place à l’époque. Et si vous croyiez que les auteures allaient se contenter de nous proposer une énième histoire de vampires avec une nouvelle version de Dracula, détrompez-vous : leur travail n’a rien à voir. Elles ont ici fait le choix intelligent de mettre en scène le vrai Vlad Drakul, dans le contexte historique et politique que ce souverain à la légende noire a connu. Idem pour Mehmed II. Je n’hésiterais donc pas à dire que c’est un livre d’histoire. On sent qu’il y a eu beaucoup de travail de recherche de la part des deux auteures.
La Croisade des Carpates n’est pas avare en fantastique. Mais ici, les éléments fantastiques ne sont pas choisis au hasard. Ils reposent sur des interprétations et des développements du récit de L’Apocalypse selon Saint-Jean, le dernier livre du Nouveau testament. Là encore, le travail de documentation est très appréciable. Le côté fantastique de ce livre, c’est aussi, bien évidemment, le thème du voyage dans le temps, fil rouge du livre. Est également abordée la réincarnation.
L’ambiance du récit est globalement assez sombre -apocalypse oblige- et je le conseillerais plutôt à partir de 14-15 ans.
Voilà pour cette chronique littéraire. Je n’aurais qu’un seul mot à destination des auteures : bravo ! Ce livre est passionnant et c’est du très bon travail. A noter que La Croisade des Carpates n’est que le premier tome d’une trilogie. Suit le deuxième, Le Graal de l’inframonde, et le troisième, L’Arche du Ragnarok. J’ai hâte de lire la suite des aventures d’Eva ! Ces ouvrages feront évidemment l’objet de nouvelles chroniques littéraires très prochainement.
Soyez heureux !

L’option du livre audio

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, on va parler du livre audio. Le livre audio, c’est la troisième voie, l’autre option possible en plus du livre papier et de la version numérique. Le livre audio, c’est une autre façon de parcourir un livre : le texte lu à voix haute est diffusé sur une bande son. Ce qui permet d’écouter son livre partout et à tout moment. On peut trouver un livre audio sous format CD, ou alors sous forme dématérialisée (iPhone, iPad…). La maison d’édition Audiolib est spécialisée dans le genre. Il est aussi possible d’écouter des livres audio via la société Audible. Le livre audio une bonne option si on manque de temps pour lire ou si on a du mal à se plonger dans un ouvrage.
Le livre peut être lu par l’auteur lui-même, ou une tierce personne désignée. Pour tenir la route, je pense que le livre audio doit avant tout avoir un bon lecteur. Il faut un ton de voix suffisamment rythmé : ne parler ni trop vite, ni trop lentement, être expressif et non monocorde, l’idée étant de capter et conserver l’attention de l’auditeur. Le livre audio peut aussi être enrichi par une animation sonore: à mon sens, des bruitages permettant de bien se représenter les scènes sont bienvenus. Le livre audio doit plonger l’auditeur dans l’ambiance voulue par le livre.
D’instinct, j’aurais assimilé les livres audio aux livres pour enfants. Il est courant de proposer les premiers contes pour enfants sous forme de livre audio, surtout quand les enfants ne savent pas encore lire. C’est une approche plus facile pour eux : ils n’ont pas la contrainte de la lecture, et peuvent se concentrer sur la visualisation des scènes de l’histoire.
Mais j’ai tort : le livre audio est tout à fait possible pour toutes sortes de livres, y compris des livres pour adultes. Evidemment, il faut toutefois que le livre s’y prête au mieux. Pour moi, le livre audio est adapté pour les policiers, les thrillers, les livres d’aventure ou encore les poèmes. Moins pour les ouvrages à caractère pédagogique ou biographique.
Personnellement, je n’ai encore jamais écouté de livre audio (en tout cas depuis mon enfance…). Cela suppose de rester concentré assez longtemps, et je pense qu’au bout d’un moment, mes pensées divagueraient et que je ne serais plus concentré sur le livre audio. C’est aussi pour cela que je pense qu’il est plus difficile, plus délicat d’adapter un roman très long sous format audio. Le livre audio doit rester un recours percutant, et non quelque chose qui finit par lasser son auditeur.
Je n’opterai pas pour les livres audio en ce qui concerne mes propres livres. Je ne l’ai jamais envisagé. Cela supposerait un grand travail supplémentaire, que je ne suis pas prêt à accomplir pour le moment, d’autant plus que les lecteurs ne me l’ont jamais réclamé.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Etes-vous adeptes des livres audio ? J’attends vos commentaires ! A bientôt !

Chronique littéraire: « Creuse la mort » de Paul Clément

Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle chronique littéraire !
Aujourd’hui, je vais vous parler du dernier livre que j’ai terminé: Creuse la mort de Paul Clément. Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps !
Creuse la mort est un roman horrifique. J’y ai trouvé ce que je cherchais.
Parlons d’abord de la couverture: on y voit un personnage qui creuse des trous, et qui tient une tête de mort dans sa main. Cela résume bien ce qu’on va trouver dans le livre ! Le fait que le titre soit écrit en lettres capitales rouges sur fond noir suggère déjà l’horreur avant même d’ouvrir le livre. Et si on y fait attention, on remarque qu’en filigrane sur la quatrième de couverture apparait d’ailleurs une tête de mort…
L’idée de départ est très bonne : Fred, le protagoniste, marié et père d’une petite fille, retrouve un matin une fosse creusée dans son jardin. Il la rebouche, elle est de nouveau creusée le lendemain. Pire, les fosses se multiplient. Et personne n’est capable de dire d’où viennent ces trous… Le livre se divise en deux grandes parties: une première, d’abord consacrée au mystère et au suspense, puis, dans une deuxième, place à l’horreur et à l’action.
C’est donc un livre d’horreur et on peut dire que l’auteur maîtrise bien les codes du genre. Il a l’art de faire monter la tension, de d’abord suggérer au lieu de montrer, bref, d’installer le suspense. A chaque fin de chapitre, on trouve un nouveau rebondissement. Les descriptions sur le froid et l’obscurité font que la mort est déjà omniprésente dans la première partie du roman. La deuxième partie du livre, qui prend un tournant apocalyptique, rentre dans le coeur du sujet, c’est-à-dire l’horreur. Les descriptions sont « réalistes » sans pour autant en faire trop en versant dans une violence malsaine et gratuite. Je n’ai pas eu de peine à m’imaginer les scènes.
Un bémol justement, il y a un peu trop de descriptions. L’auteur a tendance à décrire des détails que le lecteur peut aisément s’imaginer de lui-même. Le choix de la narration au présent fait que les incises se confondent parfois avec les paroles prononcées par les personnages. J’ai trouvé la fin un peu précipitée et je n’ai pas eu de réponses à toutes mes questions.
On doit à Paul Clément, qui est auto-édité, plusieurs autres livres : Les décharnés, et la saga Les orphelins de Windrasor.
Voilà pour cette chronique littéraire ! Si vous avez lu cet ouvrage n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! A bientôt !

Chronique littéraire: « Fissures noires » de Jess Kaan

Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle chronique littéraire !
Aujourd’hui, on va parler de l’oeuvre Fissures noires de Jess Kaan, publié par le Héron d’argent.
Fissures noires n’est pas un roman. C’est un recueil d’une vingtaine de nouvelles. Des nouvelles de longueur inégale -certaines étant beaucoup plus courtes que d’autres- à caractère sombre, mystérieux et fantastique.
Parlons d’abord du côté sombre. Ces nouvelles mettent en scène des personnages isolés, piégés, torturés, ou qui traversent de lourdes épreuves. Bien que les récits soient courts, Jess Kaan parvient à leur insuffler une intensité dramatique, et à donner humanité et profondeur psychologique à chacun des protagonistes: que ce soit hommes, femmes, jeunes, moins jeunes… Le recueil m’a beaucoup fait penser à l’ambiance des nouvelles de Franz Kafka, qui, on le sait, n’est pas réputé pour avoir écrit des récits comiques… Tous les récits de Jess Kaan sont donc emprunts de noirceur et de cynisme. Le recueil porte bien son nom !
Ces différentes nouvelles ont pour point commun le mystère. On se retrouve à chaque fois plongé dans une ambiance énigmatique. Et les réponses aux questions ne sont pas toujours apportées. J’avoue ne pas avoir compris la fin de toutes les nouvelles. Mais peut-être était-ce voulu par l’auteur, afin de prolonger le mystère ? Il m’est arrivé de relire le début de certaines nouvelles après les avoir finies, pour pouvoir interpréter et comprendre la fin. En effet, les fins constituent parfois une chute inattendue. Chaque nouvelle ressemble à un puzzle à reconstituer. Chaque récit laisse songeur…
La particularité de ces récits est que le fantastique fait souvent irruption là où on ne l’attend pas. Certaines nouvelles commencent de façon tout à fait ordinaire, avant de brusquement virer au fantastique. Ces nouvelles fantastiques m’ont fait penser aux oeuvres d’Edgar Allan Poe. Et parfois, dans ces récits de Jess Kaan, il n’y a pas de fantastique, ou tout juste est-ce à peine esquissé.
En conclusion, c’est un recueil réussi, plutôt réservé aux adultes. Je n’ai pas aimé toutes les nouvelles de la même façon, certaines ont retenu mon attention plus que d’autres. Mais cet ouvrage m’a fait renouer avec le style de nouvelles : cela faisait longtemps que j’en avais pas lues. A noter que Jess Kaan, auteur de fantastique, mais aussi de polars et de thrillers, est l’auteur au total d’une dizaine d’ouvrages, publiés dans différentes maisons d’édition.
Voilà pour cette chronique littéraire ! Si vous avez lu cet ouvrage, n’hésitez pas à donner votre avis ! A bientôt !

Mon avis sur « Les leçons du pouvoir » de François Hollande

Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle chronique littéraire !
Aujourd’hui, on va parler politique, puisque je vais partager avec vous mon analyse du livre « Les leçons du pouvoir » de François Hollande. Oui, je sais, le livre ne date pas d’hier, il est sorti il y a deux ans et j’ai mis un peu de temps à le lire, mais c’est pas grave !
Comme vous le savez, le livre a pour but de raconter le mandat de président de François Hollande. Le livre se présente comme une succession de chapitres thématiques d’un vingtaine de pages en moyenne. Des chapitres titrés par un verbe à l’infinitif: « présider », « négocier », « réformer »… C’est pratique pour s’y retrouver, mais ce choix quelque peu rigide pousse l’auteur à faire des allers-retours dans le temps pas toujours bienvenus. J’aurais préféré un récit chronologique.
Mais le livre reste un bon résumé du mandat de François Hollande. Il passe en revue les principaux faits qui ont rythmé ses cinq ans de présidence. La lecture est globalement agréable. Le style est le plus souvent accessible. Mais il devient parfois naïf avec l’usage excessif de questions oratoires, et par moments il verse exagérément dans l’emphase. Certains passages passent de la politique à quasiment de la philosophie, des paragraphes sont longs et bavards, devenant trop abstraits et plus difficiles à lire. De plus, sous couvert de « leçons du pouvoir » et donc de leçon d’humilité, certaines parties sont trop moralisatrices.
En se présentant comme un récit inédit sur l’exercice du pouvoir suprême, le livre devient en fait une défense de bilan. Comme on le sait, François Hollande était très impopulaire pendant son mandat et les mesures qu’il a prises ont été très contestées. Personnellement, je ne suis jamais binaire en ce qui concerne l’action d’un président de la République. On ne peut pas dire que le bilan de François Hollande soit foncièrement mauvais ni foncièrement bon. Comme ses prédécesseurs, François Hollande n’a pas tout réussi, mais il n’a pas tout raté non plus. Or ici, on a l’impression que François Hollande cherche à démontrer que son bilan est correct. Il est dans une démarche de justification permanente, comme s’il cherchait l’approbation du lecteur. Il veut montrer que les reproches qu’on a pu lui faire n’avaient pas lieu d’être -par exemple sur le crédit d’impôt compétitivité emploi-, un peu comme une ultime tentative de convaincre après avoir quitté l’Elysée. Egalement, on lui a beaucoup reproché de ne pas avoir politiquement agi en cohérence avec sa fameuse formule « Mon ennemi, c’est la finance », célèbre phrase prononcée au meeting du Bourget en janvier 2012. Or, il l’explique maintenant dans son livre que sa phrase a été mal comprise. J’ai souvent eu l’impression que l’ancien président enjolivait la réalité ou passait sous silence certains faits. Prenons pour exemple l’affaire Léonarda. Souvenez-vous, c’était, en 2013, l’histoire de cette adolescente kosovare qui était expulsée de France avec sa famille, parce qu’ils étaient sans-papiers. Les conditions de l’interpellation de la jeune fille avaient fait un tollé. François Hollande avait pris la parole pour lui proposer, « à elle seule », de revenir en France pour poursuivre sa scolarité. Discours qui avait été très mal reçu, beaucoup lui ayant reproché de séparer Léonarda du reste de sa famille. François Hollande avait alimenté les tensions au lieu d’éteindre le feu… Léonarda avait refusé l’offre, et lui avait d’ailleurs répondu sèchement à la télévision. Or François Hollande se contente de dire que son allocution  » met fin à l’affaire ». Pas exactement…
Comme dans beaucoup de livres politiques, les règlement de comptes ne sont jamais très loin. Si le ton est globalement modéré, il n’échappe pas à quelques piques envers des personnalités politiques, à l’égard de Martine Aubry par exemple, envers ceux qu’on a appelés « les frondeurs », tels que Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg. Sont aussi égratignés Nicolas Sarkozy ou encore Emmanuel Macron. Car le livre n’échappe pas à la tentation de la comparaison avec les autres présidents de la République. Il tombe dans le piège facile de « C’est la faute de mon prédécesseur », « moi j’ai fait mieux » « mon successeur profitera des réformes que j’ai mises en place ». Comme je le disais précédemment, je pense qu’il y a du bon et du moins bon dans tous les mandats de présidents. Chaque président doit faire face à des obstacles qu’il n’avait pas prévus: obstacles budgétaire, parlementaire, une actualité inattendue comme le terrorisme… C’est pour cela qu’un président ne peut jamais tenir toutes ses promesses et que souvent, il déçoit. Mais il faut être juste: aucun président n’a rien fait. Chaque chef de l’Etat ayant été à la tête de la France a fait des réformes emblématiques qui profitent aujourd’hui à la France. Là où je suis d’accord avec François Hollande, c’est qu’il faut du recul pour s’en rendre compte. L’histoire sait en général le reconnaître.
Je pense que la présidence de la République n’est pas un rôle qui doit s’exercer avec une vision partisane des choses. Pour moi, le président n’est pas un président socialiste ou un président LREM. Les questions partisanes ont pour moi davantage leur place pendant les campagnes électorales, ou lors des votes des lois au Parlement. Le président de la République, lui, est le président de tous les Français. C’est pour cela que j’ai été un peu surpris par la dernière partie du livre, où François Hollande défend le socialisme, la social-démocratie et la gauche dans son ensemble, en expliquant pourquoi c’est la solution aux problèmes économiques ou sociaux, et quel est l’avenir de cette ligne politique. Cela me paraît trop militant pour un ancien chef de l’Etat, qui devait représenter tous les Français quelle que soit leur sensibilité politique. De plus, l’avenir de la gauche et sa remise en question ne se posent pas depuis l’élection d’Emmanuel Macron, qui, comme on le sait, a assommé la droite comme la gauche lors de l’élection présidentielle de 2017. La question se pose depuis la présidence de François Mitterrand, auquel on a reproché d’avoir trahi les idéaux socialistes pour épouser l’économie de marché, le capitalisme et la rigueur. C’est depuis cette époque que la gauche doit se réinventer. C’est pour cela que le débat droite/gauche a perdu de sa substance et de sa pertinence. C’est en grande partie pour cela que les citoyens ont perdu confiance en la politique. La mondialisation, l’émergence ou le retour des extrêmes font que le débat droite/gauche devient dépassé.
Pour conclure, je dirais que « Les leçons du pouvoir » est un ouvrage intéressant, qui mérite d’être lu pour se souvenir du mandat de François Hollande. Il est intéressant de découvrir la réalité de l’exercice du pouvoir de l’intérieur, mais il n’y a pas non plus de grande surprise. On n’y trouve pas de révélation fracassante.
Voilà pour cette chronique littéraire ! Si vous avez lu cet ouvrage, n’hésitez pas à donner vous aussi votre avis ! A la prochaine !

Peut-on republier son livre dans une nouvelle maison d’édition ?

Chronique de la semaine !
On a déjà parlé de la publication d’un livre. Aujourd’hui, on va parler de la republication d’un livre. Est-il possible de republier son livre dans une nouvelle maison d’édition, après une première parution ?
La réponse est « oui, mais ».
La question de la republication peut se poser lorsqu’un contrat chez une première maison d’édition prend fin. Si l’auteur veut continuer à vendre son livre et à être présent sur le marché, il peut tenter de republier son livre dans une nouvelle maison d’édition. En général rien ne l’interdit.
Mas les choses ne sont pas si simples. Republier son livre dans une nouvelle maison d’édition, c’est certes reprendre ses droits sur le manuscrit, mais c’est aussi, quelque part, donner une nouvelle identité au livre. Chaque maison d’édition est différente, et a ses propres exigences. Un vrai travail de publication avec une nouvelle maison d’édition suppose un nouveau travail éditorial sur le texte, une nouvelle illustration de couverture, une nouvelle mise en page… Bref, republier son livre, c’est accepter de tout reprendre à zéro en faisant table rase de la première publication.
Justement, faire table rase de la première publication n’est pas si simple. Le livre va longtemps rester référencé comme une publication de la première maison d’édition. Les fiches de ventes en ligne ne disparaissent pas forcément, en tout cas pas dans l’immédiat. Se pose aussi la question de la fin des ventes du premier livre. Tout le stock doit être écoulé lors de la rupture du contrat, ou alors détruit.
Enfin, il peut s’écouler un temps considérable entre la rupture du premier contrat (disparition des fiches…) et la republication dans une nouvelle maison d’édition. Une bonne maison d’édition prendra son temps pour publier un livre: quelques mois, souvent même quelques années.
Enfin, les maisons d’édition n’acceptent pas toujours d’être une publication de deuxième main. La demande de republicaion d’un livre déjà publié n’est pas toujours bien vue: pourquoi republier ce qu’un autre a déjà publié ? Les maisons d’édition préféreront bien souvent des nouveautés, plutôt que d’hériter du texte d’une autre maison d’édition. Cela peut susciter des interrogations: qu’a-t-il pu se passer pour que le contrat soit rompu ? Y a-t-il eu conflit avec l’ancien éditeur ?
C’est pour éviter ces désagréments que, en ce qui me concerne, j’ai opté pour l’auto-édition. Cela a été beaucoup plus rapide -la transition entre la première publication et l’auto-édition s’est faite sans accroc, j’ai toujours eu des livres à disposition-, cela m’a permis de conserver le livre quasiment tel qu’il avait été publié, et cela n’a rien changé pour les lecteurs.
Voilà pour la chronique de la semaine ! N’hésitez pas donner votre avis ! Soyez heureux !

Zoom sur les biographies familiales

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, on va parler des biographies familiales. Je viens de terminer la lecture d’un livre de ce genre. Voilà les réflexions que cette lecture m’a inspirées.
D’abord, qu’est-ce qu’une biographie familiale ? Il s’agit donc de raconter, chronologiquement, l’histoire de ses ancêtres, de sa famille, avec dates et parfois photos à l’appui. Le but étant de laisser une trace et un témoignage pour ses descendants.
J’ai toujours été réservé sur le genre des biographies familiales, parce que j’ai toujours eu le sentiment que cela s’adressait avant tout aux proches de l’auteur et que l’intérêt pour le grand public était assez limité. En lisant cette biographie familiale, j’étais un peu gêné parce que j’avais l’impression de rentrer dans l’intimité d’une famille. En clair, de lire des choses qui ne me regardaient pas. Les événements qui y sont relatés sont familiers pour les proches, mais pas pour le lecteur.
Il faut savoir ce qu’on veut raconter et avec qui on veut le partager. Je pense qu’une biographie familiale n’a d’intérêt pour le public que si elle a un message particulier à faire passer: une leçon de vie à partager, un témoignage à caractère historique à transmettre, des informations à apporter aux lecteurs, soulever un débat de société… Autrement, le risque est que le texte se rapproche plus du journal intime. Dans ce cas, mieux vaut quel le livre soit simplement imprimé, plutôt que commercialisé.
La question aussi est de savoir qui doit rédiger cette biographie familiale. Plutôt un membre de la famille lui-même ? Auquel il s’agirait d’une autobiographie familiale, ou un écrivain extérieur à la famille ? Je pense que la deuxième option est la meilleure. Il existe des écrivains ou des maisons d’édition spécialisés dans les biographies familiales. L’écrivain biographe travaille en général à partir d’entretiens avec la personne demandeuse d’une biographie. L’écrivain aura plus de recul, saura proposer un texte structuré avec un plan, des chapitres, saura écarter ce qui est hors-sujet… Une objectivité qui n’est pas toujours évidente à avoir lorsqu’il s’agit de parler de soi et de sa propre famille.
Evidemment, je ne condamne pas les biographies familiales, mais je pense qu’elles doivent être rédigées et partagées dans certaines conditions.
N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires ! A bientôt !

La pépite de l’autoroute A4

*PUB*
Bienvenue dans cette nouvelle chronique littéraire ! Aujourd’hui, je vais vous parler du dernier livre que j’ai terminé: Kilomètre 113 sur l’autoroute A4, d’Helen Barenton.
Le synopsis ? Ce roman met en scène Arnaud Morel, que sa femme vient de quitter avec leurs enfants. Désespéré, Arnaud Morel tente de se tuer en se jetant d’un pont de l’autoroute A4. Mais il manque sa tentative de suicide et se réveille à l’hôpital infirme, privé de ses jambes. Désormais handicapé, Arnaud Morel regagne son domicile, mais a la surprise de retrouver à la maison sa femme qui vit avec un autre homme qui se présente comme étant… Arnaud Morel ! Commence alors, pour le protagoniste, une longue quête pour prouver son identité et retrouver son ancienne vie…
Au début, j’étais un peu impressionné par ce roman à la longueur conséquente -quelque 430 pages- mais celles-ci ont défilé à une vitesse folle, parce qu’il est tout bonnement impossible de lâcher ce livre ! Car mes amis, c’est une petite pépite que nous avons là ! Kilomètre 113 sur l’autoroute A4 contient tous les ingrédients du thriller cinq étoiles: du suspense, des révélations progressives, des rebondissements constants, un complot, un zeste de policier… Tout au long de ma lecture, j’essayais de deviner le dénouement du récit, mais la fin est impossible à anticiper tant l’ensemble est bien ficelé !
L’écriture est fluide, agréable, et la simplicité du style utilisé par l’auteure confère humanité au protagoniste. On parvient facilement à vivre l’aventure à travers son regard.
Le livre aborde plusieurs thématiques intéressantes: la mort, le bien et le mal, les maladies mentales, la perception de la réalité… Comme en lisant Le cauchemar d’une vie de Cédric Bruneaux, on se pose cette question: la réalité est-elle vraiment celle qu’on croit ?
Autre bon point, en tout cas en ce qui me concerne: l’intrigue se déroule dans ma région, dans des endroits que je connais bien. Il était donc d’autant plus facile et agréable de se plonger dans ce roman.
Quelques bémols tout de même: le choix de l’auteure, par moments, d’abandonner le narrateur interne pour changer de point de vue au profit d’un narrateur externe, est perturbant. Certes cela apporte un autre éclairage sur les personnages et sur certains passages, mais je pense qu’il est préférable, pour une question de cohérence, de garder le même type de narration tout au long du livre.
Si la fin est bluffante, on ressort quand même un peu frustré, car certaines questions restent en suspens. Certains points ne pourront être éclaircis que par la seule interprétation du lecteur.
Helen Barenton est l’auteure de deux autres livres: Aline au pays des vermines et 113 chemin de l’Orme des bois. Elle est également peintre. Bonne continuation à Helen Barenton !

L’Etat peut-il aider les écrivains auto-édités en ces temps de crise sanitaire ?

La crise sanitaire cause des difficultés financières aux écrivains auto-édités dont la vente et la commercialisation de livres est l’activité principale. L’Etat peut-il les aider ? La réponse est « oui, mais… », comme nous le montre Emilie Loyer, auteur de la saga Les légendes oubliées,
« L’Etat met en place un arrêt de travail pour la garde d’un enfant de moins de 16 ans. Encore faut-il avoir un enfant. Et même dans ce cas, bien que nous soyons payés (des clopinettes, il faut le savoir), l’activité est en arrêt total, prévient Emilie Loyer. Maman d’un bébé de six mois, je ne peux pas travailler, garder une maison propre et m’occuper de mon bébé en même temps, même si mon conjoint est en télétravail à la maison. De plus, de mon côté, je n’ai toujours aucune nouvelle pour savoir si je serai prise en charge ou non pour cet arrêt de travail, alors même que mon « salaire » sera alors bien faible. »
L’autre aide proposée par l’Etat n’est pas non plus une panacée. « Il y a la fameuse aide sociale de 1500€ soumise à deux conditions. » Et c’est l’une ou l’autre: « La première est une suspension d’activité (parce que l’entreprise ne correspond pas à une activité indispensable), la deuxième avoir subi une baisse du chiffre d’affaire d’au moins soixante dix pour cent, définit l’auteure.  Beaucoup se diront « super ! », puisque nous sommes nombreux dans ce cas là. J’en ai fait la demande et surprise ! Nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes conditions. C’est-à-dire que vous pouvez toucher 1500€ si vous les avez effectivement perdus. Pour faire simple, le chiffre d’affaires 2019 moins le chiffre d’affaire 2020, cela doit faire au moins 1500€ pour avoir l’aide complète. Cependant, si on prend l’exemple d’un chiffre d’affaire de 500€ en 2019 et de 100€ en 2020, et bien vous n’aurez le droit qu’à 400€. Certains diront donc : normal, puisque c’est ce que vous avez perdu ! » Emilie Loyer pointe les zones d’ombre : « Mais cette aide ne prend pas en compte le fait que chaque salon est différent d’une année à l’autre. J’ai moi-même un comparatif sur trois ans et un salon que je fais chaque année me rapporte plus ou moins en fonction du temps, de la communication, des événements alentour (exemple, les gilets jaunes). Bien qu’ayant fait un petit chiffre d’affaires en 2019, peut être aurais-je cartonné en 2020 ? Et dans tous les cas, j’aurai au moins été présente pour faire la publicité de mes livres. Cela se voit encore plus sur des sagas comme la mienne. Je ne vends souvent que le tome 1 sur salon. Et les gens reviennent me voir par la suite pour acheter mes trois autres tomes. Donc, chaque perte du premier tome, entraîne quasiment obligatoirement, une perte sur les trois autres tomes. Cette aide ne prend pas en compte « les ventes cachées ». »
Delphine Wysocki se heurte elle aussi à un obstacle: « Je me suis renseignée sur une possible aide, le gouvernement a réuni ses informations sur une fiche sur leur site. Et si je ne fais pas d’erreurs, il s’avère que je devrais employer au minimum 10 personnes pour percevoir une aide… »
La crise sanitaire est encore appelée à durer et le retour à la normale ne se fera pas dans l’immédiat… On souhaite bon courage à ces auteures pour la suite !