Mon point de vue sur le changement de point de vue

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, je vais parler d’un procédé d’écriture devenu à la mode depuis quelque temps : le changement de point de vue. Je m’explique.
Comme vous le savez, un récit peut être retranscrit par un narrateur interne, c’est-à-dire un personnage qui fait partie de l’histoire et qui la raconte avec sa propre perception des choses. D’où la présence du « je ». Mais un récit peut aussi être relaté à la troisième personne : l’avantage du narrateur omniscient est qu’il voit tous les aspects de l’histoire et qu’il peut décrire plusieurs scènes se déroulant simultanément, au contraire du narrateur interne.
Une troisième voie se dessine en ce qui concerne la narration. Ces derniers temps, j’ai lu à plusieurs reprises des livres où l’auteur choisissait de changer délibérément de narrateur interne : c’est-à-dire qu’un autre personnage prend le relais du premier pour raconter les choses. « Je » devient alors quelqu’un d’autre. C’est un modus operandi nouveau en littérature, mais pour lequel je n’opterais pas, personnellement.
On peut considérer que le changement de point de vue permet de compléter le récit du premier narrateur interne. Mais en ce qui me concerne, le fait de se concentrer sur un narrateur interne unique, qui ne sait pas tout et ne voit donc qu’une partie des choses est plutôt positif : cela permet au récit de garder une part de mystère et de découverte. Et aussi d’être plus proche du protagoniste. Pour moi, changer de narrateur interne au cours du récit a tendance à casser le rythme de l’histoire, presque à en proposer une autre.
Le choix du narrateur externe est à mon sens un message plus clair que le changement de point de vue. Avec un narrateur externe, aucun personnage n’est privilégié et le récit avance plus vite, alors que le changement de narrateur interne à tendance à proposer un retour en arrière (pour expliquer certains détails) ou à redécrire la même scène autrement.
J’ai choisi de raconter le Mooga et la Jamélienne avec un narrateur interne: tout est perçu du point de vue de John. Je ne regrette pas mon choix: en ce qui concerne le Mooga, un changement de point de vue (ou un narrateur externe) n’auraient pas permis au lecteur de vivre l’énigme du récit de la même façon.L’ambiance décrite n’aurait pas été identique. Idem en ce qui concerne la Jamélienne : le choix du narrateur interne permet de conserver le mystère planant autour de l’enlèvement d’Anna. Ne pas révéler tout, tout de suite, c’est aussi ça maintenir l’intérêt du lecteur !
En revanche, en ce qui concerne « Les dragons de Venise », j’ai choisi le narrateur externe. Vous le verrez : c’est un récit riche et dense, qui met en scène de nombreux personnages. Après réflexion, je me suis dit que le narrateur interne ne serait cette fois pas suffisant pour décrire tout ce que j’avais à décrire. Par contre, un changement de point de vue aurait été trop compliqué à gérer !
Et vous, que pensez-vous du changement de point de vue ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire ! A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures littéraires !

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