Quels temps pour mes romans ?

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, on va parler du temps. Ou plutôt, des temps. Des temps que j’utilise pour conjuguer les verbes dans mes récits. Dernièrement, un lecteur me disait qu’il y avait à son goût trop de passé simple dans « La malédiction du Mooga ». Voilà qui m’a inspiré cette nouvelle chronique.
Pourquoi est-ce que j’écris mes récits au passé ? Je ne me suis jamais posé la question en fait. C’est très instinctif. La majorité de mes récits sont rédigés au passé, je me sens plus à l’aise avec les temps du passé pour raconter une histoire. Je conçois mes récits comme une histoire qui est achevée et dont le narrateur se souvient. Ecrire au présent donnerait à mon sens, moins de force et moins de vitalité au récit. Les temps du passé offrent en effet plus de richesse: ils permettent de donner différentes valeurs aux verbes et actions retranscrites, alors qu’il n’y a qu’un seul « temps » au présent.
Pourquoi le passé simple ? Les principaux temps que j’emploie sont le passé simple et l’imparfait. Et à la rigueur un peu de plus que parfait. On trouve donc beaucoup de passé simple dans mes récits. Il n’y a là rien de plus qu’une application scolaire de ce que j’ai appris en classe : le passé simple permet de décrire une succession d’actions qui s’enchaînent. C’est l’idéal pour un récit d’aventures. Certes, le passé simple n’est pas un temps toujours très agréable à lire. Certaines de ses terminaisons sont surprenantes et paraissent peu naturelles. Au moment où je rédige ces lignes, un souvenir me revient d’ailleurs en tête : lorsque j’avais appris le passé simple à l’école, les camarades de classe trouvaient ce temps très drôle et très bizarre tant la sonorité de ses terminaisons paraissait inhabituelle. Inhabituelle parce que c’est un temps qu’on n’emploie guère à l’oral, sauf si on veut paraître pompeux…
Autre application d’origine scolaire, sur l’imparfait cette fois-ci. J’utilise également ce temps dans mes récits. L’imparfait est plus adapté pour décrire un contexte général, une généralité, présenter un personnage, décrire une action qui s’inscrit dans la durée. Le plus-que-parfait est lui plus occasionnel dans mes romans.
Après, il faut aussi se fixer des limites à l’écrit. Employer des temps et modes trop compliqués ou trop rares rendrait le récit difficile à lire parce qu’il verserait dans un langage trop soutenu. J’ai eu l’occasion d’employer l’imparfait du subjonctif dans mes récits, mais je l’ai évité. Une phrase correcte serait de dire: « Elle ne voulait pas que je l’attrapasse », mais peu écriraient d’instinct l’imparfait du subjonctif. En écrivant « Elle ne voulait pas que je l’attrape » cela passe beaucoup mieux et la majorité des lecteurs ne verront pas cette mauvaise concordance des temps comme une faute. N’est-ce pas ?
Et vous, quelle est votre opinion sur le sujet ? N’hésitez pas à réagir ! A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique !

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