« Prête-moi ta plume »

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, on va parler des prête-plume.
Revenons d’abord sur la définition. Il y a dix ans, au moment où Jacques Chirac avait sorti le premier tome de son autobiographie, je disais à une de mes collègues que j’avais apprécié ce livre. Elle avait répondu sur un ton ironique: « Ce n’est pas lui qui l’a écrit… » Au début, je n’ai pas bien compris son commentaire, puis je me suis intéressé au rôle des prête-plume : ces personnes qui écrivent un livre pour le compte d’une autre, souvent célèbre.
On a tous vu nos politiques se transformer subitement en écrivains, en sortant un livre toujours au bon moment : pendant une campagne électorale, lorsqu’ils quittent un ministère… Ils ont besoin de publier un livre parce que c’est pour eux un moyen de communication supplémentaire et efficace. En réalité, rares sont les politiques qui ont réellement écrit leur livre. Mais les prête-plume ne concernent pas que le monde politique. Il existe d’autres exemples fameux dans l’histoire, le plus célèbre étant celui d’Auguste Maquet qui travaillait pour le compte Alexandre Dumas père.
Le recours à un prête-plume est une pratique plus ou moins taboue, connue du public et admise par l’auteur. Le nom du véritable écrivain est souvent un secret bien gardé par l’auteur officiel. Le prête-plume est quelqu’un qui travaille vraiment dans le milieu littéraire: écrivain, journaliste, professeur de lettres… On ne peut pas vraiment condamner le recours à un prête-plume, c’est une pratique séculaire. C’est peut-être moralement discutable, mais il n’y a rien d’illégal. Mais c’est toujours plus honnête de la part de celui qui signe d’avouer qu’il a bénéficié des services d’un écrivain fantôme ! Pour en revenir à Jacques Chirac, notons qu’il avait prison soin de cosigner ses mémoires du nom de l’historien Jean-Luc Barré.
C’est un geste d’autant plus élégant que le rôle de prête-plume est souvent ingrat: l’écrivain fantôme doit accepter de rester dans l’ombre, et de voir son talent attribué à un autre.
En ce qui me concerne, je ne crois pas que je serais prêt à accepter le rôle de prête-plume. Je ne crois pas que je serais prêt à faire tout le boulot sans en retirer bénéfice ou reconnaissance. Ou alors, j’exigerais que mon nom soit inscrit sur le livre. Je conclurai en disant que je n’ai jamais eu recours à un prête plume: mes romans sont bien les miens ! J’ai d’ailleurs toujours les brouillons en ma possession.
Et vous, que pensez-vous du recours au prête-plumes ?
A vos claviers !

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