Mon avis sur « Les leçons du pouvoir » de François Hollande

Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle chronique littéraire !
Aujourd’hui, on va parler politique, puisque je vais partager avec vous mon analyse du livre « Les leçons du pouvoir » de François Hollande. Oui, je sais, le livre ne date pas d’hier, il est sorti il y a deux ans et j’ai mis un peu de temps à le lire, mais c’est pas grave !
Comme vous le savez, le livre a pour but de raconter le mandat de président de François Hollande. Le livre se présente comme une succession de chapitres thématiques d’un vingtaine de pages en moyenne. Des chapitres titrés par un verbe à l’infinitif: « présider », « négocier », « réformer »… C’est pratique pour s’y retrouver, mais ce choix quelque peu rigide pousse l’auteur à faire des allers-retours dans le temps pas toujours bienvenus. J’aurais préféré un récit chronologique.
Mais le livre reste un bon résumé du mandat de François Hollande. Il passe en revue les principaux faits qui ont rythmé ses cinq ans de présidence. La lecture est globalement agréable. Le style est le plus souvent accessible. Mais il devient parfois naïf avec l’usage excessif de questions oratoires, et par moments il verse exagérément dans l’emphase. Certains passages passent de la politique à quasiment de la philosophie, des paragraphes sont longs et bavards, devenant trop abstraits et plus difficiles à lire. De plus, sous couvert de « leçons du pouvoir » et donc de leçon d’humilité, certaines parties sont trop moralisatrices.
En se présentant comme un récit inédit sur l’exercice du pouvoir suprême, le livre devient en fait une défense de bilan. Comme on le sait, François Hollande était très impopulaire pendant son mandat et les mesures qu’il a prises ont été très contestées. Personnellement, je ne suis jamais binaire en ce qui concerne l’action d’un président de la République. On ne peut pas dire que le bilan de François Hollande soit foncièrement mauvais ni foncièrement bon. Comme ses prédécesseurs, François Hollande n’a pas tout réussi, mais il n’a pas tout raté non plus. Or ici, on a l’impression que François Hollande cherche à démontrer que son bilan est correct. Il est dans une démarche de justification permanente, comme s’il cherchait l’approbation du lecteur. Il veut montrer que les reproches qu’on a pu lui faire n’avaient pas lieu d’être -par exemple sur le crédit d’impôt compétitivité emploi-, un peu comme une ultime tentative de convaincre après avoir quitté l’Elysée. Egalement, on lui a beaucoup reproché de ne pas avoir politiquement agi en cohérence avec sa fameuse formule « Mon ennemi, c’est la finance », célèbre phrase prononcée au meeting du Bourget en janvier 2012. Or, il l’explique maintenant dans son livre que sa phrase a été mal comprise. J’ai souvent eu l’impression que l’ancien président enjolivait la réalité ou passait sous silence certains faits. Prenons pour exemple l’affaire Léonarda. Souvenez-vous, c’était, en 2013, l’histoire de cette adolescente kosovare qui était expulsée de France avec sa famille, parce qu’ils étaient sans-papiers. Les conditions de l’interpellation de la jeune fille avaient fait un tollé. François Hollande avait pris la parole pour lui proposer, « à elle seule », de revenir en France pour poursuivre sa scolarité. Discours qui avait été très mal reçu, beaucoup lui ayant reproché de séparer Léonarda du reste de sa famille. François Hollande avait alimenté les tensions au lieu d’éteindre le feu… Léonarda avait refusé l’offre, et lui avait d’ailleurs répondu sèchement à la télévision. Or François Hollande se contente de dire que son allocution  » met fin à l’affaire ». Pas exactement…
Comme dans beaucoup de livres politiques, les règlement de comptes ne sont jamais très loin. Si le ton est globalement modéré, il n’échappe pas à quelques piques envers des personnalités politiques, à l’égard de Martine Aubry par exemple, envers ceux qu’on a appelés « les frondeurs », tels que Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg. Sont aussi égratignés Nicolas Sarkozy ou encore Emmanuel Macron. Car le livre n’échappe pas à la tentation de la comparaison avec les autres présidents de la République. Il tombe dans le piège facile de « C’est la faute de mon prédécesseur », « moi j’ai fait mieux » « mon successeur profitera des réformes que j’ai mises en place ». Comme je le disais précédemment, je pense qu’il y a du bon et du moins bon dans tous les mandats de présidents. Chaque président doit faire face à des obstacles qu’il n’avait pas prévus: obstacles budgétaire, parlementaire, une actualité inattendue comme le terrorisme… C’est pour cela qu’un président ne peut jamais tenir toutes ses promesses et que souvent, il déçoit. Mais il faut être juste: aucun président n’a rien fait. Chaque chef de l’Etat ayant été à la tête de la France a fait des réformes emblématiques qui profitent aujourd’hui à la France. Là où je suis d’accord avec François Hollande, c’est qu’il faut du recul pour s’en rendre compte. L’histoire sait en général le reconnaître.
Je pense que la présidence de la République n’est pas un rôle qui doit s’exercer avec une vision partisane des choses. Pour moi, le président n’est pas un président socialiste ou un président LREM. Les questions partisanes ont pour moi davantage leur place pendant les campagnes électorales, ou lors des votes des lois au Parlement. Le président de la République, lui, est le président de tous les Français. C’est pour cela que j’ai été un peu surpris par la dernière partie du livre, où François Hollande défend le socialisme, la social-démocratie et la gauche dans son ensemble, en expliquant pourquoi c’est la solution aux problèmes économiques ou sociaux, et quel est l’avenir de cette ligne politique. Cela me paraît trop militant pour un ancien chef de l’Etat, qui devait représenter tous les Français quelle que soit leur sensibilité politique. De plus, l’avenir de la gauche et sa remise en question ne se posent pas depuis l’élection d’Emmanuel Macron, qui, comme on le sait, a assommé la droite comme la gauche lors de l’élection présidentielle de 2017. La question se pose depuis la présidence de François Mitterrand, auquel on a reproché d’avoir trahi les idéaux socialistes pour épouser l’économie de marché, le capitalisme et la rigueur. C’est depuis cette époque que la gauche doit se réinventer. C’est pour cela que le débat droite/gauche a perdu de sa substance et de sa pertinence. C’est en grande partie pour cela que les citoyens ont perdu confiance en la politique. La mondialisation, l’émergence ou le retour des extrêmes font que le débat droite/gauche devient dépassé.
Pour conclure, je dirais que « Les leçons du pouvoir » est un ouvrage intéressant, qui mérite d’être lu pour se souvenir du mandat de François Hollande. Il est intéressant de découvrir la réalité de l’exercice du pouvoir de l’intérieur, mais il n’y a pas non plus de grande surprise. On n’y trouve pas de révélation fracassante.
Voilà pour cette chronique littéraire ! Si vous avez lu cet ouvrage, n’hésitez pas à donner vous aussi votre avis ! A la prochaine !

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