Mes réflexions autour du « méchant »

Chronique de la semaine !
Cette semaine, on va parler des méchants. Comment ça ? La plupart des récits contiennent des héros et des antagonistes, antagonistes que l’on désigne le plus souvent et familièrement sous le vocable de « méchants ». Mais au juste, qu’est-ce qu’un méchant ? A quoi sert-il ? 
Le méchant est avant tout le personnage qui est là pour équilibrer le récit, afin d’éviter que l’histoire présentée soit trop simpliste et linéaire, et donc, ennuyeuse pour le lecteur. En se mettant en travers du chemin du héros, le méchant permet au récit de se doter d’enjeux et de péripéties. Le méchant est celui qui réveille certaines émotions chez le lecteur : la peur, l’excitation… C’est aussi lui qui instille le suspense dans un récit.
Si le méchant est nécessaire, le piège quand on décrit un méchant est de tomber dans les clichés. En effet, le méchant est souvent le personnage qui n’est pas beau, qui a mauvais caractère, qui est égoïste, sadique… Bref, le lecteur n’a qu’une seule envie : le voir disparaître. Et c’est le plus souvent ce qui arrive à la fin du récit…Or, j’estime que le méchant doit être un personnage aussi intéressant que le héros. Car on observe souvent une inégalité de traitement entre le héros et l’opposant. L’antagoniste doit lui aussi avoir sa propre histoire, sa psychologie… En un mot, il faut le rendre humain pour le comprendre. Si on y réfléchit bien, en fait, le personnage du méchant n’agit pas en pensant faire du mal mais en défendant ses propres intérêts, qui sont contraires à ceux du héros. Or souvent, seul le point de vue du héros est présenté dans la narration et donc connu du lecteur. Pour donner une chance au lecteur de mieux connaître le méchant, mieux vaut donc opter pour la narration externe et le point de vue omniscient. C’est une réflexion que j’ai eue en rédigeant mon prochain roman, Les Dragons de Venise. Le méchant est-il forcément celui qui veut faire souffrir ? Mérite-t-il forcément de mourir ? Quant au héros doit-il forcément être « le gentil », c’est-à-dire un personnage sans défauts pour qui le lecteur doit obligatoirement compatir ?
Ces dernières années, on a vu la vision du méchant évoluer. Je pense notamment à certains films d’animation pour enfants -et même pour toute la famille-, ces films parodiques qui remettaient en question l’image classique du gentil héros. Là, le personnage qui n’est pas beau et qui a plein de défauts devient le héros. Je citerais ainsi la saga Shrek, qui raconte l’histoire d’un ogre qui vit dans un marécage, et bien sûr la série Moi, moche, et méchant. Le protagoniste est un méchant qui s’assume, et pourtant, les scénaristes réussissent à le rendre attachant. Je dois avouer que j’ai bien ri en regardant ces films ! Notons également qu’Iznogoud, le personnage créé par Goscinny et Tabary, était ‘un des premiers personnages principaux de BD à avoir tenir le rôle de méchant.
Voilà pour la chronique de la semaine ! N’hésitez pas à donner votre avis, et je vous dis à très bientôt !

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