L’Etat peut-il aider les écrivains auto-édités en ces temps de crise sanitaire ?

La crise sanitaire cause des difficultés financières aux écrivains auto-édités dont la vente et la commercialisation de livres est l’activité principale. L’Etat peut-il les aider ? La réponse est « oui, mais… », comme nous le montre Emilie Loyer, auteur de la saga Les légendes oubliées,
« L’Etat met en place un arrêt de travail pour la garde d’un enfant de moins de 16 ans. Encore faut-il avoir un enfant. Et même dans ce cas, bien que nous soyons payés (des clopinettes, il faut le savoir), l’activité est en arrêt total, prévient Emilie Loyer. Maman d’un bébé de six mois, je ne peux pas travailler, garder une maison propre et m’occuper de mon bébé en même temps, même si mon conjoint est en télétravail à la maison. De plus, de mon côté, je n’ai toujours aucune nouvelle pour savoir si je serai prise en charge ou non pour cet arrêt de travail, alors même que mon « salaire » sera alors bien faible. »
L’autre aide proposée par l’Etat n’est pas non plus une panacée. « Il y a la fameuse aide sociale de 1500€ soumise à deux conditions. » Et c’est l’une ou l’autre: « La première est une suspension d’activité (parce que l’entreprise ne correspond pas à une activité indispensable), la deuxième avoir subi une baisse du chiffre d’affaire d’au moins soixante dix pour cent, définit l’auteure.  Beaucoup se diront « super ! », puisque nous sommes nombreux dans ce cas là. J’en ai fait la demande et surprise ! Nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes conditions. C’est-à-dire que vous pouvez toucher 1500€ si vous les avez effectivement perdus. Pour faire simple, le chiffre d’affaires 2019 moins le chiffre d’affaire 2020, cela doit faire au moins 1500€ pour avoir l’aide complète. Cependant, si on prend l’exemple d’un chiffre d’affaire de 500€ en 2019 et de 100€ en 2020, et bien vous n’aurez le droit qu’à 400€. Certains diront donc : normal, puisque c’est ce que vous avez perdu ! » Emilie Loyer pointe les zones d’ombre : « Mais cette aide ne prend pas en compte le fait que chaque salon est différent d’une année à l’autre. J’ai moi-même un comparatif sur trois ans et un salon que je fais chaque année me rapporte plus ou moins en fonction du temps, de la communication, des événements alentour (exemple, les gilets jaunes). Bien qu’ayant fait un petit chiffre d’affaires en 2019, peut être aurais-je cartonné en 2020 ? Et dans tous les cas, j’aurai au moins été présente pour faire la publicité de mes livres. Cela se voit encore plus sur des sagas comme la mienne. Je ne vends souvent que le tome 1 sur salon. Et les gens reviennent me voir par la suite pour acheter mes trois autres tomes. Donc, chaque perte du premier tome, entraîne quasiment obligatoirement, une perte sur les trois autres tomes. Cette aide ne prend pas en compte « les ventes cachées ». »
Delphine Wysocki se heurte elle aussi à un obstacle: « Je me suis renseignée sur une possible aide, le gouvernement a réuni ses informations sur une fiche sur leur site. Et si je ne fais pas d’erreurs, il s’avère que je devrais employer au minimum 10 personnes pour percevoir une aide… »
La crise sanitaire est encore appelée à durer et le retour à la normale ne se fera pas dans l’immédiat… On souhaite bon courage à ces auteures pour la suite !

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