Comment écrire un roman historique ?

Chronique de la semaine !
Aujourd’hui, après avoir lu La Croisade des Carpates, j’ai eu envie de vous parler du style de ce livre : le roman historique. Comment écrire un roman historique ? C’est une problématique qui me concerne de près, puisque j’ai dû, avec Les Dragons de Venise, mon prochain ouvrage, écrire moi aussi un roman à fond historique. Un exercice qui ne m’a pas déplu, moi qui ai toujours aimé l’histoire.
Je commencerais par dire que le plus important, en histoire, c’est de beaucoup se documenter en lisant. C’est une étape indispensable avant d’écrire. Il ne faut pas lire un livre sur l’époque et le sujet qu’on veut mettre en scène, mais des livres. Il est important de multiplier et de croiser les sources. En effet l’histoire est un puits sans fond: les approches d’un même sujet évoluent régulièrement, les historiens faisant en permanence de nouvelles découvertes. Je recommande donc de lire des livres récents. Il ne faut pas écrire quelque chose si on en n’est pas sûr : en histoire, les approximations ne sont pas de mise !
Mais la lecture seule ne suffit pas: quand on veut parler d’une certaine région, d’un certain pays et de son passé, il faut également se rendre sur place et procéder à des visites, entre autres de monuments historiques. C’est ainsi que je me suis imprégné de l’histoire et de l’ambiance de Venise. Je me suis rendu su place et y ai passé plusieurs jours, après avoir écrit le premier chapitre de mon livre. J’aurais trouvé hypocrite et malvenu de continuer à écrire ce nouveau livre sans m’être rendu sur les lieux. Je recommande également de regarder des documentaires.
Une fois bien documenté, une fois suffisamment imprégné de la culture voulue, on peut passer à l’écriture. Quand on rédige un roman historique, le défi est de refaire vivre le contexte historique et culturel que l’on décrit, en étant le plus réaliste possible. Il faut donc se mettre dans la peau des personnages qui vivaient à l’époque: cela veut dire éviter les anachronismes et ne pas faire allusion au futur. Il faut vérifier que tout ce qu’on décrit existait déjà à cette date. En histoire, il est primordial de respecter le contexte. Si on veut être crédible dans ce genre de roman, il faut donc respecter un minimum le fond historique. A Venise, il y avait des doges, je ne vais donc pas inventer un quelconque empereur. La ville est connue pour la place Saint-Marc et les monuments qui l’entourent, je n’allais pas imaginer une autre place et d’autres monuments. Je décris Venise telle qu’elle existait.
Le roman historique est aussi, quelque part, un roman pédagogique. L’histoire est là pour enseigner des choses ! Les notes de bas de page, les illustrations, les cartes ou tout autre document sont donc bienvenues pour éclairer le lecteur, ainsi que le fait la maison d’édition le Héron d’argent.
Mais alors, dans tout ça, quelle place accorder à la fiction ? C’est sur ce fond historique solide qu’elle va se greffer. Il faut donc déterminer à l’avance jusqu’où le fond historique est décrit, et à quel moment intervient la fiction. Et l’assumer complètement. Pour cela, je pense qu’il est pertinent de prévenir le lecteur via une note en début de livre : le livre est historique, mais comporte bel et bien une part de fiction. Il faut toutefois veiller à ce que la fiction soit un minimum vraisemblable et cohérente avec le contexte historique. Je n’allais pas mettre en scène des robots dans la Venise médiévale que je décris…
Voilà pour la chronique de la semaine ! N’hésitez pas à me faire part de votre avis sur le sujet !

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